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Hommage à Julos Beaucarne

Perdre un être aussi merveilleux que Julos fait vibrer l'être au plus profond de soi. C’est lui qui m'a ouvert la porte de la Wallonie en 1972 où il m’avait invité à chanter à Écaussine, son village, et aussi à Bruxelles. À mon tour, je lui avais réservé le temps de chanter quelques-unes de ses chansons dans le spectacle que je donnais sur la montagne à Montréal devant quelque 300 000 personnes. Il y a quelques années, le réalisateur et cinéaste Yves Langlois avait commencé de tourner des épisodes où Julos et moi partagions la même folie créatrice à Saint-Armand. Mais pour les raisons que l’on connaît, le film n’a pu être terminé.

Nos rencontres étaient toujours remplies d’humour et de folie créatrice. Julos est certainement l’un des êtres humains les plus enrichissant que j’aie connu. C’était mon âme-sœur. L'image que je garde de lui est celle d'un éternel enfant émerveillé devant la vie et dont l'imaginaire jamais ne cessait de fleurir.


Lors de ses séjours au Kébèk, ce poète, visionnaire des enjeux sociopolitiques et écologiques, s’impliquait ouvertement pour l’évolution de la conscience humaine. Je l’avais invité à devenir Porteur d’eau à la Coalition Eau Secours pour une gestion responsable de l’eau et nous avions ensemble adopté la Rivière-au-Tonnerre.

D’autre part, Julos, dont la philosophie humaniste proclamait l’amour fraternel, fut l’un des rares artistes d’un autre pays à devenir Artiste pour la paix. Car, pour lui comme pour moi, qui a la paix dans son cœur est la personne la plus riche au monde. Je suis persuadé que Julos continue de chanter l’amour et la paix et jusqu’à la fin des temps…

Raôul Duguay